Maison et hôtel de voyageurs dit la Grande Maison,
Immeuble mitoyen construit en granite de Baud (information orale). Le bâtiment très long a peut-être abrité au départ deux habitations mais la mise en oeuvre du mur Sud est d'un seul tenant. La partie inférieure abrite des celliers voûtés dans la partie est, une cuisine avec cheminée (disparue) et une pièce de stockage à l'ouest, accessible par une porte en anse de panier donnant sur la rue Thiers. L'escalier en vis dans-oeuvre distribuant l'étage était situé dans l'angle postérieur est de la partie ouest. Il a été remplacé par un escalier hors-oeuvre à rampe en bois situé dans la tour d'escalier postérieure. L'étage était constitué de deux grandes pièces avec cheminée dont subsiste en partie celle de l'ouest, redécouverte en 1969 sous les boiseries sans doute apposées au 18e siècle (depuis enlevées). A gauche de cette cheminée s'ouvre une fenêtre d'origine, sans doute à coussièges, disparus . Au second étage divisé en plusieurs chambres subsiste la cheminée du pignon ouest. La fenêtre de comble sur le pignon ouest est également d'origine.La maison est signalée en 1577 dans un acte des régaires de Vannes. Il s'agit sans doute d'une ancienne maison de marchand, au vu du cellier qui occupe le rez-de-chaussée côté est et est mentionné dans le même acte comme "deux maisons jointes ensemble (...) appelées les selliers de Thobiec". Le Présidial vend en 1720 la maison à Olivier Delourme (maitre-architecte) qui fait agrandir les fenêtres en y ajoutant des balcons en ferronnerie, enduire la façade avec faux-bandeaux limitant les étages et simulation de travées par fausses fenêtres à volets. Il est également à l'origine de la tour d'escalier en demi-hors-oeuvre couverte en pavillon ainsi que des deux ailes en retour postérieur à l'est et à l'ouest, cette dernière à toiture brisée. Cependant, l'escalier ne semble pas antérieur à la Révolution. Il existe aux Archives départementales en B 647 les scellés et inventaires (à partir du 28 février 1730) de meubles chez Olivier Delourme dit négociant à Vannes et où il est signalé " dans le magazin du port de la grande maison sur la douve et celuy de la maison ou est décédé le feu Sr Delourme (porte Saint-Salomon)" des quantités de bois de toutes sortes en provenance de la forêt de Mollac.Vendue à la Révolution, la maison était alors un relais de poste, faisant pendant à "La Tête Noire", relais situé près de l'étang au Duc. La maison est vendue en 1920 à la famille Audic qui ôte les enduits de façade. La maison a fait l'objet en 1969 d'importantes restaurations : création de nouvelles ouvertures en travées sur les façades ouest et sud, réaménagement intérieur. Sur le plan cadastral de 1844 est figuré un puits dans la cour nord, qu'elle partage avec le 3 rue Thiers.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine