Lotissement Vaudois-Amiot
Le lotissement est actuellement formé de près de 400 lots, dont 29, isolés, à l'extrémité de la rue Ange-Blaise. Il est structuré par 4 voies secondaires est-ouest, par 3 voies secondaires nord-sud et par 7 voies de desserte interne.L'implantation du bâti, en rangée discontinue, est faite à l'aplomb de la voie, puis en retrait d'une cour plantée, à partir de 1930. Les maisons disposent de jardins en fond de parcelle.La typologie du bâti se caractérise par des maisons à Bon Marché, maisons immeubles, maisons élémentaires, maisons de type ternaire et maisons d'étage, à partir des années trente. Quelques immeubles, en rupture de gabarit, ont été construits après la guerre.Les traitements d'angle sont inégaux. Des angles droits subsistent à l'intersection de la rue Ange-Blaise et de la rue Etienne-Dolet, à l'intersection de la rue Ange-Blaise et de la rue Alain-Bouchard, enfin rue Lobineau. Le traitement d'angle est intégré à la composition du bâti, quand il est postérieur à la création de la voie (angle rue Paul-Féval et rue Etienne-Dolet) mais souvent ignoré, sauf dans le cas de maison ou d'immeuble avec commerce au rez-de-chaussée. Les constructions postérieures à la guerre introduisent des traitement d'angle en creux.Les documents conservés aux archives municipales (série O) indiquent qu'en 1875, l'entrepreneur J. Vaudois soumet un projet de lotissement du domaine de Villeneuve, dont il est propriétaire (annexe 1).Le plan figure un réseau de voies (tracées à l´encre) ouvertes depuis des chemins existants (rue de Puits-Jacob et route de Nantes, à l´ouest, rue de l´Alma, à l´est) correspondant aux actuelles rues Lobineau et Louis-Tiercelin, et à l´extrémité est de la rue Ange-Blaise, ainsi qu´à l´extrémité ouest du boulevard Jacques-Cartier, dont le prolongement jusqu´à l´ancien chemin de la Boulais (actuelle rue Rabelais) apparaît en pointillé. D´autres tracés en pointillé indiquent un projet de place, où une église pourrait être construite, à proximité de l´ancien manoir, d´un carrefour à voies rayonnantes, auquel aboutit l´avenue projetée dans l´axe du manoir. C´est encore l´orientation de la propriété qui détermine l´ensemble du réseau projeté.Une demande d'alignement du 3 août 1876, relative à la construction d'une maison à l'angle de l'actuelle rue de l'Alma, indique qu'une voie en impasse est ouverte dans une parcelle isolée, appartenant à J. Vaudois. Un relevé des terrains déjà vendus en 1880 indique que 55 terrains le sont entre 1872 et 1880, 18 sur la parcelle 174 (rue Ange-Blaise), 18 sur la parcelle 3 (rue Lobineau), 6 sur la parcelle 183 (boulevard Jacques-Cartier), 9 sur la parcelle 2 (rue Vaudois).Le plan de Rennes publié en 1877 figure le chemin du pavé de Villeneuve (partie du boulevard Jacques-Cartier comprise entre la route de Nantes et la rue Leguen-de-Kérangal) et une voie ouverte depuis l´extrémité de la rue du Puits-Jacob (actuelle rue Lobineau) ; cette dernière est comprise dans les limites de l´octroi, pour les parcelles de la rive ouest déjà bâties.En 1885, l'entrepreneur brestois René Amiot, neveu de J. Vaudois, soumet un nouveau plan de lotissement. Le courrier joint indique que les rues Lobineau et Vaudois (rue Louis-Tiercelin) sont effectivement construites (annexe 3). Le plan figure un projet constitué de 5 voies parallèles à égale distance les unes des autres, suivant l´orientation de la rue Lobineau, déjà construite, croisant des voies est-ouest au tracé moins régulier (rues Paul-Féval, Ginguené, Ange-Blaise et Jacques-Cartier), qui seront classées dans la voirie urbaine, en 1887.Un plan non daté, dessiné entre 1909 (date de nomination des voies) et 1911 (date du projet de création de la rue du Général-Margueritte), figure le tracé des nouvelles voies ouvertes par René Amiot (rues Alain-Bouchard, André-Désilles), au nord de l'ancien manoir, et dénommées en 1909, et des voies en projet à l'est (rues de Villeneuve, Bernard-Palissy, Marcelin-Berthelot, Auguste-Comte), enfin au nord (rue Hector-Berlioz), dont la dénomination est fixée par la ville en avril 1913. La rue Etienne-Dolet est également visible sur ce plan ; son tracé, différent du projet de René Amiot, est déterminé par la construction d´une nouvelle église, projetée en 1908, à laquelle elle offre une perspective. Elle sera classée dans la voirie urbaine en 1914, comme la rue André-Désilles, achevée en 1909 par l'entrepreneur Hogrel. La rue Alain-Bouchard est classée dans la voirie urbaine en 1908.Au sud-ouest de l´ancien manoir, des terrains sont acquis par la Ruche-Ouvrière en bordure de la rue Lobineau et de la rue Alain-Bouchard, pour favoriser la construction de maisons à Bon-Marché.Au sud du boulevard Jacques-Cartier, dans l´îlot bordant la prison départementale, la société civile du Manège crée un lotissement (3 lots), en 1927.
Auteur(s) du descriptif : Barbedor Isabelle ; Carpentier Aline
Par : L'inventaire du patrimoine