Ecart
Cet écart existait déjà lors de la réalisation du premier cadastre de la commune en 1809 et s´appelait « Village de la Goutte ». Les parcelles bâties en 1809 sont, à quelques exceptions près, identiques à celles où sont représentés des bâtiments sur le deuxième cadastre de la commune, daté de 1848. Actuellement, les bâtiments anciens sont encore presque tous existants mais fortement remaniés. Depuis 1848, l´écart s´est peu développé. En contrebas des bâtiments se trouve le ruisseau de la Goutte. La tradition orale nous a rapporté qu´auparavant, lors des marées, il était grossit par leurs eaux et débordait, ce qui explique l´utilité du pont-digue. Au sud-est du ruisseau se trouvaient deux salines appelées « Saline de la Goutte » et « Saline de Belle-Ile ». Dans son ouvrage sur la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet, datant du début du 20e siècle, Théodore Chalmel mentionne cet écart en ces termes : « C'est une plaine marécageuse (...). Un ruisseau, aux rives élargies par la marée montante, serpente mollement à travers les grèves, et se joint à la Rance dans le voisinage de l'Ile Notre-Dame. (...) grande levé en pierre qui endigue le cours de la rivière (...) ». Il décrit également l´histoire des salines comme ceci : « En 1736, le comte de la Garaye créa des salines à la Goutte. Elles occupaient deux cents journaux de terre en Saint-Père et en Saint-Suliac. On en distingue encore tout le système. Il comprenait dix-huit compartiments, alimentés par le jeu des grandes marées et communiquant entre eux au moyen d'écluses et de nocques. (...) Dès les débuts, les paludiers du bourg de Batz, du Croisic et de Guérande vinrent exploiter les premières salines. Ils se fixèrent au pays et donnèrent naissance aux familles (...). Le sel de la Goutte, tendre, de saveur agréable, était très estimé. (...) Cette industrie avait nécessité la création d'un poste de douaniers, dont la mission était de surveiller les travaux et sauvegarder les droits de l'Etat. (...) On voit encore les maisonnettes en ruines qui leur tenaient lieu d'abri et de bureau. (...) Devenu sans objet, le poste de douaniers fut supprimé. Les salines furent vendues en 1862, converties en luzernières en 1864. ».
Auteur(s) du descriptif : Bonnet Claire ; Dalibard Sabrina
Par : L'inventaire du patrimoine