Ancienne promenade de la Motte, actuellement jardi
Jardin public arboré de forme oblongue.Selon L. M. Noury, la promenade est aménagée en 1659 « pour la commodité publique et l´embellissement de la ville », sur des terrains dépendant initialement de l´abbaye Saint-Georges et appartenant à la ville depuis 1424. Comme le montre le plan Tassin (1628), elle occupe l´emplacement de la demi-lune qui protégeait la porte Saint-Georges. Visible sur le plan Hévin de 1685, la Motte à Madame, ou Motte à l´Abbesse, fait l'objet de plusieurs projets d'aménagement, au début du 18e siècle.Selon M. Noury, elle est réaménagée sur une proposition de l´ingénieur Robelin, en charge de la reconstruction de la ville, après l´incendie de 1720 et complétée d'une petite motte (terrasse en fer à cheval garnie de gazon) au sud-est en 1728, construite par l'entrepreneur et architecte Le Saché (Nières). La promenade est redessinée en 1739 sur des plans de l'ingénieur de la ville Louis-Paul Abeille (doc. 1). En 1776, l´ingénieur Chocat de Grandmaison dessine un projet d´agrandissement prolongeant la promenade le long des murs de Saint-Georges (L. M. Noury). Ce projet reprend vraisemblablement le projet de l´ingénieur Mousseux, daté de 1729, qui prévoit son prolongement le long des murs de Saint-Georges, jusqu'au port de Viarmes (A. D. Série C). La petite motte disparaîtra en 1827, au moment de la percée de l'actuelle rue Victor-Hugo, et cédera la place à un escalier monumental, construit en 1829, lui même déplacé en 1899 (voir sous-dossier escalier monumental). Une place munie d´un château d´eau était prévue à cet emplacement comme le montre le projet de l'architecte Giraud daté de 1826 (J.-Y. Veillard).Plantée d'ormeaux (abattus et remplacés par de nouveaux ormes en 1836), elle disposait d'une petite entrée, vis-à-vis de la préfecture, ouverte en 1774, d'un escalier situé face à l'hôtel de Kersalaün, aménagé en 1739 et supprimé en 1846 après l'abaissement du niveau de la rue. En 1838, on projette d'y construire une salle de spectacle, qui sera réalisée place de la Mairie, et le palais universitaire, finalement élevé sur les quais, comme le rappelle Marteville, qui émet un discours critique sur l'utilité de cette promenade, au milieu du 19e siècle.En 1886 un plan de redressement de la rue de Fougères entraîne une réduction partielle de son emprise, à l´ouest (doc. 3).
Auteur(s) du descriptif : Barbedor Isabelle
Par : L'inventaire du patrimoine