Patrimoine culturel de Quimper

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Église paroissiale Saint-Eutrope et Saint-Isidore
Eglise de style néo-roman édifiée sur un méplat à flanc de colline aménagée en terrasses et à laquelle on accède par deux escaliers de six et onze marches. La construction est en moellon de granite avec encadrement des baies en pierre de taille de granite de Huelgoat. Le plan rectangulaire présente une nef centrale et des bas-côtés latéraux séparés par quatre travées en plein cintre. Un lambris de couvrement en berceau voute la nef et les bas-côtés. Le mur sud est à pignons multiples.Trois entrées sont ménagées à l'ouest, au sud et au nord. Le porche ouest est saillant, surmonté de la chambre des cloches, à toit en bâtière et pignons découverts. Le chevet est également saillant avec une sacristie accolée au nord. A l'intérieur de l'église, la pile centrale du bas-côté nord abrite dans son massif, une chaire à prêcher en granite du Huelgoat. A l'ouest, une tribune est ménagée dans le massif saillant du porche auquel on accède par un escalier tournant en bois. La chapelle des fonts baptismaux est abritée dans le massif du porche.Au sud, en contrebas de la route, le cimetière est clos de murs en moellon. L'entrée principale, à l'est, est marquée par deux piliers carrés surmontés d'une croix. Deux passages de part et d'autre de l'entrée sont partiellement obturés par des palis de schiste. Deux autres passages du même type sont ménagés dans le mur nord.L'ancienne chapelle seigneuriale de Botmeur dédiée à Saint-Eutrope figure sur le cadastre de 1836, entourée du cimetière. L'édifice devient église paroissiale en 1837 quand la paroisse de Botmeur est créée. De plan rectangulaire, avec un large bras sud et pourvu d'un petit clocher coiffant le pignon qu'Abgrall qualifie, en 1904, de "style Renaissance". Il s'agissait d'un bâtiment construit aux 16e et 17e siècles. Le dessin publié en 1904 ne paraît pas entièrement fiable car le bras sud, marqué sur le cadastre de 1836, figure ici au nord. L'édifice disparaît vers 1905. Pour sa reconstruction, on choisit un terrain situé au nord de l'ancien site, sur une plate-forme en flanc de colline. La nouvelle église, à laquelle on adjoint le vocable de Saint-Isidore, est bâtie en 1909, d'après les plans de l´architecte Charles Chaussepied, de Quimper, également le concepteur du maître-autel. Le projet initial prévoyait une tour occidentale surmontée d'une chambre de cloches carrée et ajourée, coiffée d´une tour-lanterne ainsi qu'un presbytère jouxtant le choeur et lié par un couloir à une sacristie située au nord. Le granite provient des carrières de Huelgoat. L'escalier menant à l'église n'est achevé qu'en 1933. Après un incendie intervenu en 1934, l´édifice est restauré en 1935 par le fils de Charles Chaussepied, André Chaussepied, également architecte à Quimper. Les travaux sont réalisés par l'entrepreneur Y. Cornec, de Châteaulin. Ils concernent, pour l´essentiel, le clocher (reconstruction), la charpente et les huisseries. André Chaussepied propose également un dessin pour les fonts baptismaux.L'emplacement du cimetière est inchangé, implanté au sud de l'église en contrebas de la route. Une des pierres d'angle de son enclos est datée 1927, cette date correspond peut-être à une restauration partielle des murs du cimetière.
Auteur(s) du descriptif : Douard Christel ; Tanguy-Schröer Judith

Par : L'inventaire du patrimoine

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Bourg
Un premier noyau urbain se met en place à l´époque médiévale puisque la paroisse est attestée dès la fin du 12e siècle. Les éléments les plus anciens conservés ne sont pas antérieurs au 16e siècle (enclos paroissial, vestiges de maisons repérées en 1970). L´agglomération est née autour de l´enclos paroissial, au croisement de plusieurs routes anciennes liant Sizun à Landivisiau, Landerneau et Brest au nord et à l´ouest, à Huelgoat et Carhaix à l´est ainsi qu´au sud du département (Le Faou, Quimper). Cet emplacement stratégique et l´essor de l´industrie toilière aux 16e et 17e siècles influent sur le développement du tissu urbain qui, sans doute fixé dès cette époque, demeure, au coeur du village, globalement inchangé. Les échanges commerciaux (toiles et surtout chevaux) se déroulaient, en absence de halles et au moins dès le 17e siècle autour de l´église et plus particulièrement sur la grande place (actuellement place Charles de Gaulle). Cette structure héritée du passé apparaît sur le cadastre de 1812 : l´agglomération spontanée sur plan radioconcentrique enferme sept îlots au sein desquels les maisons occupent les fronts de parcelles et donnent directement sur l´espace public (rues, places ou chemins), alors que les jardins sont situés à l´arrière. Au milieu du 19e siècle, ce chef-lieu de canton compte parmi les bourgs les plus actifs du département, notamment à cause de ses nombreuses foires (bovins, moutons, chevaux, denrées alimentaires, outils). Témoin de ces activités, le poids public, ouvrage permettant de vérifier la contenance et le poids des matières et animaux vendus, subsiste au nord de l´église. L´expansion du bourg s´amorce à partir du milieu du 19e siècle, avec la construction d´une nouvelle mairie (vers 1845), l´agrandissement du champ de foires (1865), la construction d´établissements scolaires et d´une gendarmerie. Le transfert du cimetière a lieu entre 1868 et 1871.Peu de chronogrammes ont été relevés : 1730 (16, rue de l'Argoat), 1821 (1, rue de l´Argoat), 1836 (13, rue de l´Argoat), 1860 (rue de Cornouaille), 1870 (6-8, rue du Docteur Corre), 1913 (1, place Charles de Gaulle).Un grand nombre de maisons, au moins une vingtaine, était pourvu d´escaliers extérieurs marqués sur le cadastre de 1812 ; beaucoup ont disparu entre 1850 et 1950 et actuellement, une seule subsiste au 2, impasse Keranroux. Une importante vague de reconstruction de l´habitat a lieu entre la fin du 19e siècle et la guerre 1914-1918 ; elle affecte la quasi-totalité des maisons autour de l´église qui sont entièrement ou partiellement reconstruites ; pour les façades à trois travées, le recours à la kersantite pour l´encadrement des portes et des fenêtres est fréquent. A la même époque, les terrains longeant la route de Commana (actuellement rue de l´Argoat) commencent à être bâtis, joignant alors des secteurs auparavant ruraux comme Menez Sizun. La construction de la gendarmerie marque aussi la progression du bourg dans ce secteur. L´entrepreneur et conseiller général Paul Charreteur, maire de Sizun entre 1900 et 1919, y fait construire sa propre demeure et ses ateliers (rue de l´Argoat) tout comme un ensemble de logements destinés aux ouvriers de son entreprise (allée des Ajoncs). D´autres demeures de notables ont été repérées au 46, rue de l´Argoat (maison d´un notaire) et aux 6 et 8, place Charles de Gaulle ; la demeure entourée d´un jardin clos de murs construite pour le docteur Pierre Mazé, à l´origine isolée, est aujourd´hui entourée d´un lotissement (dit de Vergraon).La ligne de chemin de fer départemental d´intérêt local liant Plouescat à Rosporden atteint le sud du bourg en 1912 (transport de sables, engrais, bois, ardoises, bétail, voyageurs). L´arrivée du train entraîne la construction d´un établissement hôtelier (Grand Hôtel des Monts d´Arrée) ; ce bâtiment, construit en 1912 par l´entrepreneur Paul Charreteur, existe toujours alors que la gare, située sur la place devant l´hôtel - l´actuelle rue de l´Elorn suit l´ancien tracé de la voie ferrée - a disparu après l´arrêt de l´exploitation de la ligne de chemin de fer en 1934. Un lavoir public couvert est construit en 1921 à la sortie sud du bourg. Durant l´époque de l´entre-deux-guerres et suite à la loi Loucheur facilitant l´accès à la propriété populaire, la construction pavillonnaire apparaît à Sizun, notamment le long des voies existantes (route de Commana, rue de Brest, rue de Poul Ar Ranet). La maison située à l´angle de la place Charles de Gaulle et de la rue de Cornouaille (actuellement pharmacie), porte l´empreinte du style néo-régionaliste des années 1930. D´autres lotissements voient le jour entre les années 1960 et aujourd´hui : le secteur de Vergraon près de la rivière de l´Elorn, à l´est du centre bourg entre la rue de l´Argoat et la rue du Moulin Neuf et au sud de Kerroch.
Auteur(s) du descriptif : Douard Christel

Par : L'inventaire du patrimoine

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Une rue de Quimper

Par : Musée de Préhistoire de Ca

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Manoir de la Tourelle, 8 bis rue Damalix (Quimper)
Le manoir de la Tourelle est implanté en hauteur, au sein d'une propriété clôturée de toute part. Seul le logis et le puits ont subsisté. Le logis seigneurial s'élève sur un rez-de-chaussée, un étage et un niveau de combles. Il est maçonné de moellons équarris et de pierres de taille, et couverts d'ardoises. De plan rectangulaire, il présente une tourelle sur sa façade arrière, ainsi qu'une adjonction sur sa moitié nord. Sur sa façade principale, le rez-de-chaussée est percé de quatre portes. La porte à l'extrémité nord est simple et basse. A droite de celle-ci, la porte principale est ornée d'un arc en plein cintre dont le voussoir comporte plusieurs moulures, qui se poursuivent sur le chanfrein de l'encadrement. Sur la moitié sud, les deux autres portes ne présentent pas de décor. Entre les deux portes de la partie nord, le rez-de-chaussée est éclairé d'une fenêtre de petite dimension et d'une fenêtre à meneau et croisillon à l'encadrement chanfreiné. Entre les deux portes du centre de l'édifice, la maçonnerie était percée de deux fenêtres à demi croisée, la seconde a été élargie et a perdu son croisillon. La troisième porte de la façade est encadrée de deux oculi, celui le plus au nord est de petites dimensions et de forme circulaire. Le second, de forme ovale, est doté d'un meneau et d'un croisillon. L'étage est percé de quatre grandes fenêtres ornées d'un chanfrein à angle droit. A l'extrémité est se trouve une fenêtre de petite dimension.Le niveau de combles est rythmé par deux souches de cheminée. A l'extrémité sud du logis, un appentis ne s'élevant que sur un seul niveau a été ajouté. Au XVIIe siècle, le manoir appartient à la famille des de Penancoët, puis il passe successivement au XVIIIe siècle aux Loëdec, Goulhezre, de la Boëxière.
Auteur(s) du descriptif : Mottay Louise ; Belzic Céline

Par : L'inventaire du patrimoine

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An Abregé eus an doctrin christen , Da Zisqui é pe

Par : Gallica

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Michel Laënnec et l'éloquence académique à Quimper
Julien Trévédy raconte ici comment le grand-père de René Laënnec, illustre médecin, est l'auteur d'une note intitulée "Recueil des compliments faits par M. Laënnec. L'aïeul du médecin s'appelait Michel-Marie-Alexandre Laënnec et était né en 1714.

Par : Médiathèques de Quimper Br

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Quimper, les halles : [photographie de presse]

Par : Gallica

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4J Quimper /134

Par : Archives départementales d

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Kantik evit chapel nevez Itron Varia Lambader
mention manuscrite de l'auteur / cantique composé pour la bénédiction de la chapelle reconstruite le 9 septembre 1877

Par : Diocèse de Quimper et Léon

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Arrondissements de Quimper. , Chapelle Notre Dame
Numérisé par le partenaire. Appartient à l’ensemble documentaire : GMBrst001. Vue stéréoscopique

Par : Yroise - bibliothèque numé

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Arrondissements de Quimper. , Débarquement à l'île
Numérisé par le partenaire. Appartient à l’ensemble documentaire : GMBrst001. Vue stéréoscopique

Par : Yroise - bibliothèque numé

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Armor Sud-ouest
Quimper : la rivière de l'Odet et les quais filmés depuis le quartier du Cap Horn, perspective sur la rivière et la cathédrale, une bigoudène devant une boutique discute avec un homme, des passants dans la rue Kéréon, la cathédrale Saint Corentin puis les flèches de la cathédrale (fils électriques devant la cathédrale), un breton avec un chapeau devant un magasin de crucifix et d'objets religieux, des promeneurs circulent boulevard de Kerguélen, une des passerelles qui enjambent l'Odet. Descente de l'Odet en bateau promenade : passagers à bord, châteaux situés sur les berges de l'Odet, voiliers. Bénodet : une vendeuse de dentelles fait du crochet en attendant les clients, le bac de Sainte Marine, un pêcheur prépare son bateau. Remontée de l'Odet en bateau : manoir, chaumières. Pointe du Raz. Audierne. Penmarc'h.

Par : Cinémathèque de Bretagne

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Deux ordonnances de police à Quimper (1404-1719)
La Revue Historique de l'Ouest est un recueil consacré à des monographies relatives à l'histoire de la Bretagne dont le premier numéro est paru en 1885.

Par : Revue historique de l'oues

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Ar merc'hed diwar ar maez [La vie des femmes à la
Un devezh gant ur vaouez war ar maez, etre buhez ar familh hag hini an atant. [La journée-type d'une femme à la campagne, entre gestion de la vie de famille et activités liées à l'exploitation agricole.]

Par : INA

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IA404 aux Rencontres Trans Musicales de Rennes (20
« IA » pour « Intelligence Artificielle » et « 404 » comme le code d'erreur qui indique que la page web demandée n'a pas été trouvée. Originaire de Quimper, ce trio d'humanoïdes masqués a, lui, trouvé son chemin en extrayant des entrailles des machines une electro-pop marmoréenne sur laquelle sillonne une sublime voix féminine capable de toutes les acrobaties. Gardant toujours en point de mire l'émotion, le spectre d'action du groupe est large et en perpétuelle mutation. Ses productions méticuleuses évoquent aussi bien la soul serpentine de Massive Attack, la pop expérimentale de Son Lux que les reliefs sonores de la bass music. IA404 est un groupe accompagné par Les Trans, en collaboration avec Bonjour Minuit à Saint-Brieuc et Le Novomax à Quimper, dans le cadre du dispositif de production mutualisée de la région Bretagne.

Par : Association Trans Musicale

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L'Église constitutionnelle confondue par elle-même

Par : Gallica

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Hommage à Saint Yves, Patron des avocats
Le traditionnel Pardon de Saint-Yves s'est déroulé le 22 mai à Tréguier. Cette manifestation reçoit chaque année des milliers de pélerins pour la célébration du Saint Patron des avocats. Cette année le Pardon a été présidé par Monseigneur Laurent Dognin, évêque de Quimper, entouré de nombreux dignitaires venus du grand Ouest, dont Monseigneur Denis Moutel, évêque de St Brieuc et Tréguier, et l'Abbé Caous, Curé de Tréguier. Après la cérémonie à la Cathédrale de Tréguier, procession des bannières en direction de Minihy-Tréguier, paroisse d'origine de Yves Hélory de Kermartin (1253-1303), qui a été canonisé par le Pape Clément VI en 1347.

Par : TV Trégor

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L'ancienne ligne ferroviaire Châteaulin-Camaret
Le patrimoine ferroviaire de la ligne Châteaulin-Camaret comprend, outre les gares et les haltes, des maisons de garde-barrière, deux remises pour les machines, deux stations de pompage avec leur réservoir d'eau (disparus) et des ponts. Dix-neuf éléments de ce patrimoine ont été repérés tandis que neufs dossiers ont été réalisés dont certains regroupent plusieurs éléments (gares de Crozon et de Camaret). Le tracé de la ligne dépassant le périmètre de la Communauté de communes de Crozon, les gares de Châteaulin, de Plomodiern et de Saint-Nic, ainsi que leurs parties constituantes ne sont pas comptabilisées dans les chiffres de cette étude.Le contexte historiqueA la fin du Second Empire, l'infrastructure ferroviaire de la Bretagne occidentale s'avère insuffisante malgré la mise en place des lignes de chemin de fer Nantes-Quimper (1863), Rennes-Brest (1865) et Châteaulin-Landerneau (1867). Cependant, ni la Compagnie de l'Ouest, ni celle de Paris-Orléans ne répondent favorablement à la demande d'extension du réseau par le département du Finistère. C'est la Société générale des chemins de fer économiques, créée en 1880, qui prendra le relais pour assurer un réseau de chemin de fer secondaire en France. Cette société est issue du plan Freycinet, du nom du ministre éponyme, dont l'ambitieux programme de travaux publics lancé en 1878 est de désenclaver les régions reculées. Ces lignes d'intérêt local se caractérisent par un réseau à voie métrique (écartement des rails de 1000 mm) plus économique qu'un réseau classique à voie normale mais également plus lent. La Société générale des chemins de fer économiques se voit confier la tâche de la construction d'un " Réseau breton" autour de Carhaix. La mise en place de ce réseau est tardive, elle s'échelonne de 1893 à 1925, date à laquelle le Finistère dispose enfin d'une liaison longitudinale et transversale.L'origine de la ligne Châteaulin-Camaret La ligne n° 7 Châteaulin-Camaret s'inscrit dans ce programme. Réclamée dès 1878 par plusieurs conseils municipaux et par le Conseil général, classée comme ligne d'intérêt général par la loi du 17/07/1879, la ligne n'est cependant pas concédée en raison de son manque de rentabilité, le trafic des marchandises se faisant principalement par les ports. L'intérêt stratégique militaire argué par les maires de la presqu'île n´est pas suffisant, non plus que l'intérêt touristique. Il faut attendre 1910 pour que le Ministère des Travaux publics approuve le projet de cette ligne et que les travaux commencent. En 1919, les terrassements et la construction des ouvrages d'art sont terminés tandis que les gares sont finies peu de temps avant les inaugurations. La partie comprise entre Châteaulin et Crozon est inaugurée en 1923, tandis que le tronçon Crozon-Camaret avec embranchement au Fret n'est achevé qu'en 1925. C'est la dernière ligne du "Réseau breton" à être mise en place.Les transports s'effectuent au rythme de trois trajets par jour dans chaque sens, en trains mixtes composés de voitures de voyageurs et de wagons de marchandises. Matériaux de construction et engrais sont acheminés dans la presqu'île tandis que langoustes de Camaret, coquilles Saint-Jacques du Fret, céréales et pommes de terre du Porzay sont exportées. Devenue rapidement obsolète avec le développement des transports par poids lourds et la multiplication des voitures individuelles, la ligne ferme en 1967 à l'instar des autres lignes du « Réseau breton ».Le tracé de la ligne Châteaulin-Camaret Le tracé de la ligne débute à la station de Châteaulin ou aboutit la ligne à voie étroite venant de Carhaix. Sa longueur totale est de 52 km, y compris l'embranchement pour le Fret (3km 860). La ligne contourne le bourg de Plomodiern au sud puis atteint celui de Saint-Nic et de Telgruc-sur-Mer, chacun desservi par une station. De là, la ligne franchit le ruisseau de l'Aber au pont du Launay (Telgruc) pour atteindre Tal ar Groas (Crozon) où une quatrième gare est construite. Le tracé longe toujours la route départementale avant d´atteindre la ville de Crozon qui est également desservie par une station placée tout près de l´agglomération, au nord, et qui dessert en même temps Morgat situé à deux kilomètres au sud. De Crozon, le tracé se dirige vers Camaret-sur-Mer en contournant au sud le fort, puis après avoir franchi la route près de Kerret, descend dans la vallée de Kerloc'h et passe près du hameau de Perros d'où se détache l'embranchement qui dessert la gare du Fret établie au port. A partir de Perros, où a été prévue une halte dénommée " Perros Saint-Fiacre" (du nom du village voisin), le tracé remonte le versant sud de la vallée d'un affluent de Kerloc'h, atteint le plateau de Keraudren puis redescend vers Camaret, station terminus située près du quai Toudouze.L'architecture ferroviaire de la ligne Châteaulin-Camaret Au total, la ligne Châteaulin-Camaret comprend, outre la station de Châteaulin, huit gares : Kerhillec (en Plomodiern), Plomodiern, Saint-Nic, Telgruc, Tal ar Groas, Crozon-Morgat, Le Fret, Camaret. Elle comprend également deux haltes (Perros Saint-Fiacre, Argol), quelques maisons de garde-barrière (Brospel, Telgruc, Le Fret, Saint-Nic...), deux remises pour les machines, construites à proximité des gares de Crozon et de Camaret, des stations de pompage et trois réservoirs (disparus) pour l'alimentation en eau des locomotives à Saint-Nic, Crozon et Camaret.Le relief emprunté par la ligne n'a pas imposé la construction d'ouvrages d'art imposants tels que tunnels et viaducs mais celle de ponts en pierre ou à tablier métallique représentatifs du 1er quart du 20e siècle (pont double du Launay sur l'Aber à Telgruc, pont de Kerloc'h à Crozon, pont de Perros, pont de Saint-Drigent).Chaque gare forme un alignement composé d'un bâtiment principal à étage (logement du chef de gare, salle des voyageurs) accolé à une halle à marchandise à toit débordant. Si la conception des bâtiments de la ligne Châteaulin-Camaret est identique à celle des autres bâtiments de la Société générale des chemins de fer économiques (même nombre de pièces, même surface, même structure), le style architectural en est original, inspiré du mouvement régionaliste, en vogue dans le 1er quart du 20e siècle. La position excentrée de la ligne et sa vocation touristique explique ce choix esthétique qui tranche avec les autres modèles créés par la Société. Les maisons de villégiature de Morgat ont peut-être inspiré l'auteur de ces gares, Julien Polti, architecte des chemins de fer de l'Etat. L'utilisation de matériaux censés représenter le « style breton » s'inscrit dans cette mouvance régionaliste : ardoise pour le toit, granite gris clair de l'Aber-Ildut pour les soubassements, les corniches, les encadrements de baies et les pierres d'assise des pignons. Pour la gare de Crozon qui dessert l'agglomération la plus importante de la presqu'île, un effort supplémentaire a été fait : la mise en oeuvre des murs est en moellon hexagonal de grès armoricain issu du sous-sol local. L'importante pente du toit, les pignons découverts, les hautes souches de cheminées jumelées au couvrement ajouré très stylisé, le dessin des ouvertures inspiré de l'esthétique Art nouveau donnent à ces gares un caractère unique. Ce caractère touche également les remises pour les machines des gares de Crozon et Camaret dont les silhouettes évoquent celle d'une locomotive.Seules les haltes de Perros Saint-Fiacre et d'Argol sont conformes au type en vigueur sur le réseau Breton avec utilisation de la brique rouge pour les encadrements des baies, les chaînages d'angle et les bandeaux horizontaux.ConclusionLe caractère unique des gares de la presqu'île, surnommées "Les bigoudènes" en raison de leur hautes souches de cheminée, est à mettre en relation avec la vocation touristique de la ligne Châteaulin-Camaret. Eléments constitutifs de l´identité du territoire, ces anciennes stations ferroviaires sont dans un état de conservation exceptionnelle. En effet, rares sont les exemples à avoir conservé leur halle à marchandises et leur quai d'embarquement. D'autres gares de conception néo-régionaliste desservent des stations balnéaires françaises (La Baule-Escoublac, Arcachon, Trouville-Deauville...) mais leurs lignes ne semblent pas personnalisées et balisées comme celles de Châteaulin-Camaret par des gares identifiables entre toutes sur le Réseau Breton. Véritables marqueurs visuels, elles jalonnent le territoire d'est en ouest.
Auteur(s) du descriptif : Tanguy-Schröer Judith ; Douard Christel ; Maillard Florent ; Le Lu Stéphanie

Par : L'inventaire du patrimoine

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