Maison, 13 place des Lices (Vannes)
Maison construite sur une parcelle qui subit côté sud une forte déclivité, en raison des remparts, et qui s'appuie de ce côté sur les écuries voutées de l'hôtel de Montigny situées dans la cour de ce dernier, à l'est du logis. C'est une maison dont l'accès à la partie habitation se fait par la place des Lices. Elle comprend deux étages carrés façade sud et un étage carré façade nord, et un étage de comble surmonté d'un grenier aujourd'hui aménagé, sous une toiture à longs pans brisés, avec un corps en saillie à l'angle nord-ouest. L'escalier est latéral antérieur.Maison reconstruite probablement au début du 17e siècle sur l'emplacement d'une maison mentionnée et attribuée dans la réformation de 1677 au père du sieur Victor Gillot. Le fait qu'elle donne sur la rue saint-François d'après le document, aujourd'hui rue Noé, et par le derrière sur la grande porte de la chapelle des Lisses dont subsistent des vestiges, nous permet de faire cette attribution. Le document mentionne que ce dernier possède cette maison de sa mère qui l'avait elle-même de ses parents depuis plus de 65 ans. La maison est ensuite vendue par les héritiers de Victor Gillot en 1781 à François Marie de Montigny chevalier seigneur de Kerisper qui possède aussi l'hôtel dit de Montigny situé rue Noé et qui souhaite d'après les archives abattre la maison achetée pour la reconstruire : il est possible que les parties hautes aient été entièrement reconstruites à cette date : baies en calcaire et escalier sont bien datables de la fin du 18e siècle, mais il subsiste un doute concernant les fenêtres de granite éclairant l'escalier. La maison est décrite dans le procès-verbal en 1781 avec un appentis postérieur côté rue Noé qui sous forme de vestiges s'observe sur le mur est de la cour de la maison. La maison est jointive dans le document de celle de Sévère Le Mintier correspondant au n°11 de la place. Concernant le 19e siècle, les matrices cadastrales de 1844 indiquent le partage de la maison en deux propriétés, les écuries, caves et lieux donnant rue Noé aux Boullé, propriétaires de l'hôtel de Montigny et le rez-de-chaussée, étages et grenier de la maison donnant place des Lices au sieur Séveno, forgeron. Par la suite, l'acquisition par les Taslé en 1882, descendants des Boullé, de la maison place des Lices peut expliquer la liaison par un escalier des deux propriétés bien que cet escalier soit déjà mentionné sur le plan cadastral de 1844.Parmi les modifications du 19e siècle, le corps de plan carré avec soubassement arrondi faisant saillie en pignon ouest (corps de latrines ou ancien corps d'escalier à vis), non indiqué sur le cadastre de 1807, apparaît sur celui de 1844. La toiture et la charpente montrent de ce côté des traces évidentes de reprise. Il faut noter la mention d'une tour d'escalier à vis à cet endroit sur le plan Maury de 1785, à proximité de l'autre tour d'escalier encore en place. Ce qui permettrait de supposer l'existence d'un escalier plus ancien se situant dans une tour demi hors-oeuvre desservant le logis avant transformation et création d'une cage d'escalier dans l'édifice proprement dit.
Auteur(s) du descriptif : Lainé Claire ; Toscer Catherine ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine