Maison, 17 rue Saint-Guénael (Vannes)
Maison édifiée sur une parcelle d'angle, sans espace libre. Elle est construite en moellon de granite, enduit sur la façade sud, à l'exception des façades nord et est dont le second étage et le pignon sont en pan de bois.La maison est établie sur une cave voûtée en berceau qui communique par une arcade en plein cintre avec celle du n°19. On y accède aujourd'hui par un escalier droit en pierre établi dans la façade est sur la rue de la Bienfaisance. Le rez-de-chaussée surélevé auquel on accède par quelques marches à partir de la rue Saint-Guénaël est établi sur une base fortement talutée. L'ouverture brisée donne sur un étal. Toutes les cheminées sont établies sur le pignon sud, mais il n'en reste que des vestiges, à l'exception de la cheminée du comble. Le système de distribution d'origine a disparu : un escalier moderne en bois a remplacé l'ancien escalier ; dans la cage a été dégagée sous l'enduit une porte communiquant avec le 19. Une échelle donne actuellement accès au comble.Cette maison est édifiée au moins en deux campagnes. Elle est établie sur une cave beaucoup plus ancienne subsistant probablement d'un édifice antérieur. Cette cave est commune avec le n°19 et pourrait remonter au 12e ou au 13e siècle. La première campagne concerne le rez-de-chaussée et le premier étage et remonte peut-être à la 2e moitié du 14e siècle, comme le montrent les fenêtres de l'étage ainsi que les arcades du rez-de-chaussée. Au premier étage, deux portes bouchées, de même que de fortes consoles saillants sur le mur est semblent la trace d'une ancienne coursière en encorbellement. Peut-être dès la fin du 16e siècle, la maison est surélevée d'un étage, supprimant la coursière. Le comble semble aménagé au 19e siècle. L'escalier et la plupart des aménagements intérieurs ont disparu au 20e siècle, des renforts en fer ou en bois re-solidarisant la structure.Dans le rentier de 1455, la maison appartient à Eon Hervé.Selon Le Mené, le chapitre de la cathédrale annexe en 1654 au diaconat cette maison formant une partie de la dotation de la chapellenie de Saint-Guénael ; dans les déclarations de la Réformation de 1677, la maison est la propriété de Suzanne Guyot qui n'y habite pas : il s'agit donc à cette époque d'une maison de rapport, peut-être depuis l'époque de la surélévation. En 1844, les matrices cadastrales de cette date indiquent comme propriétaire Jean-Marie Allanic qui est menuisier à Vannes. Ce dernier fait en mars 1840 une demande de travaux pour le pan de bois des étages supérieurs signalés en mauvais état à l'époque. Son projet de rétablir ces derniers à l'aplomb du mur du rez-de-chaussée et du premier étage, autorisé pourtant, par l'architecte Charier ne sera pas réalisé.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine ; Rioult Jean-Jacques ; Lainé Claire ; Mauvais Marion ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine