Hôtel, 13 rue saint-Vincent (Vannes)
Hôtel sur rue avec ailes latérales en retour sur une cour postérieure donnant à l'origine sur le canal du moulin des Lices. L'élévation sur rue est de type compartimentée : en moellon de granite autrefois enduit, ses éléments de structure (ouvertures, niveaux), sont soulignés par des encadrements ou bandeaux de calcaire, à l'exception du rez-de-chaussée ou les ouvertures sont en granite. Les travées sont d'espacement inégal et le traitement des baies diffère légèrement : présence de tableaux en pierre de taille de calcaire sous les fenêtres nord, de larmier au dessus des fenêtre des deux travées sud. La porte d'entrée de style classique popularisé par les gravures de l'époque, est surmontée d'un fronton semi-circulaire dans lequel est découpé un oculus : elle marque la travée axiale. La façade sur cour fait apparaître les modifications intervenues sur la travée centrale lors du changement de l'escalier. Comme dans l'élévation sur rue, les ouvertures sont en granite au rez-de-chaussée, en calcaire pour les étages. L'hôtel est double en profondeur. Aujourd'hui, la porte d'entrée distribue un couloir traversant qui abrite la cage d'escalier ; l'escalier en bois à retours avec jour possède une rampe en fonte. Sous l'escalier, une porte modeste donne accès à la cour postérieure. Dans cette cour, au sud, un escalier extérieur droit dessert la cave sous le corps principal.Les ailes en retour sur cour ont chacune un accès sur la cour, accès qui dessert un escalier en bois à balustres, rampe sur rampe.L'emplacement est acquis par Pierre Jarno en 1683 pour y bâtir une maison ; cependant l'obligation de bâtir dans les 3 années suivant l'accensement du dit emplacement n'ayant pas été respectée, force fut à Pierre Jarno de revendre l'emplacement en 1686 à Jean Caillot, maître architecte (acte du 12/1/1686) avec en plus un droit de bâtir sur le canal au derrière de l'hôtel : ce droit ne fut pas utilisé. On ne sait cependant pas si la vente concernait la totalité de la parcelle actuelle : en effet, l'hôtel est construit en deux campagnes successives, au vu de la façade sur rue et des toitures ; la partie nord avec la porte d'entrée a précédé la partie sud plus étroite de quelques années. D'après les archives consultées et l'acte d'entente passé en 1689 entre le sieur de Catefret, propriétaire de l'hôtel sis au n°11 actuel, et Jean Caillot à propos des fenêtres que ce dernier ouvre dans l'aile latérale sud de son hôtel, Jean Caillot est très certainement le constructeur de cette aile donnant sur le canal. On peut donc dire qu'en 1689, l'édifice est réalisé en totalité.Le bail d´un an passé en 1690 entre Jean Caillo et N.H. Clette Bocou Sieur de Lespoul commis au greffe du présidial de Vannes de deux chambres de plain pied au second étage de la maison montre une fois de plus que cet hôtel est construit à des fins locatives.La façade de l'hôtel fait l'objet en juillet 1848 d'une demande urgente de réparation par son propriétaire Le Clerc de la Herverie, conseiller à la cour royale de Rennes. Il était envisagé de refaire en partie la façade à partir du premier étage et peut-être même au niveau du rez-de-chaussée.ce qui explique sans doute les travaux importants intervenus à partir du milieu du 19e siècle qui ont fait disparaître l'escalier d'origine ainsi que les cheminées et tous les décors, de même qu'une partie de la distribution. Seule une cheminée d'origine est conservée au rez-de-chaussée, contre le mur de refends longitudinal, ainsi que les escaliers secondaires distribuant les ailes en retour sur la cour à l'ouest.Enfin, la 2e moitié du 20e siècle a vu la disparition de l'enduit de façade et la modification des fenêtres de l'étage de comble dans la partie sud.
Auteur(s) du descriptif : Lainé Claire ; Toscer Catherine ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine