Cabane de gardien de parcs à huîtres dite Tour de
Cette cabane de gardien de parcs à huîtres est construite sur une protubérance rocheuse appelée îlot de Ténéro situé sur une grève au sud-ouest de l´île de Boëde, à une centaine de mètres du rivage. Elle est bâtie à un point stratégique qui permet de dominer toute cette partie du golfe du Morbihan. Seul le mur orienté vers l´île est aveugle, ce qui prouve que le bâtiment était bien dévolu à la surveillance maritime.Les Sigagots l´appellent aussi la « Tour Carrée » car elle est de plan carré (5 m par 5 m) et son architecture austère rappelle une tour féodale. Le bâtiment est construit en gros blocs de granite soigneusement maçonnés à la chaux. A l´intérieur, un enduit à la chaux recouvre les murs et à l´extérieur les pierres apparentes sont soigneusement étanchéifiées par un joint de ciment épais. D´une hauteur de 6,50 m, le bâtiment comportait à l´origine un étage surmonté d´un grenier, avec toit à une seule pente et souche de cheminée prolongeant le pignon est. Les ouvertures du premier étage sont plus importantes que celles du rez-de-chaussée car, à marée haute, l´édifice subit les assauts de la mer. La superstructure du bâtiment est fragilisée et nécessite une restauration à court terme.L´origine historique de la Tour de Ténéro est discutée. Pour certains, c´est une tour créée par l´administration des douanes et dédiée à la surveillance des côtes. Pour d´autres, elle a d´abord servi à la surveillance des parcs ostréicoles attenants.A partir du 18e siècle, Séné est un important centre de production salicole. Au début du 19e siècle, afin d´enrayer la contrebande organisée à partir de Vannes, le service des Douanes installe à des passages stratégiques treize postes de surveillance sur le territoire sinagot. Un de ces postes est implanté au sud-ouest de l´île de Boëde, sur une proéminence rocheuse. De là, il domine toutes les entrées et sorties maritimes du chenal est du golfe du Morbihan. La première mention historique de marais salants à Boëde et de l´existence d´un poste de surveillance à cet endroit remonte à juin 1816. Des fraudeurs tentèrent de voler du sel dans les salines et sont mis en déroute par les quatre douaniers présents sur l´île qui résident dans le « poste de Boëde ». Bien que nous n´ayons pas de description du poste des douaniers de Boëde, il ne semble pas que ce soit cette guérite qui soit la tour de Ténéro actuelle.Les archives conservent uniquement les demandes d´occupation du Domaine Public Maritime des ostréiculteurs de la fin du 19e siècle. En effet, dès la fin du 19e siècle, l´envasement des marais salants de l´île oblige les Sinagots à abandonner la saliculture et à se reconvertir. L´ostréiculture investit alors les abords de l´île, et perdure jusqu´à aujourd´hui, comme en atteste l´existence de piquets délimitant des parcs immergés autour de la tour de Boëde.La première cabane de gardien de parcs à huîtres est édifiée par Jean-Louis Grégam, occupe la roche dite de Ténéro ou Pen-Bihan, à 92 m au sud-ouest de l´île, entre 1884 et 1891. En 1891, il démolie la cabane. Puis, en 1899, Mathurin Sévin, brigadier de gendarmerie en retraite, ostréiculteur et buraliste au bourg, reprend la concession et reconstruit une cabane sur cet îlot situé au milieu de son parc portant le numéro 516. La tour de Ténéro est cette cabane reconstruite.En 1935-1936, Joseph Sevin reprend la concession. Les Sinagots qui fréquentent les abords de l´île surnomme alors la tour la « cabane à Sevin ». Puis, entre 1944 et 1985, la tour est concédée à Madame Pellen, semble-t-il toujours pour des activités ostréicoles. La tour est ensuite abandonnée.Le 8 septembre 2003, l´association Ténéro est créée afin de réhabiliter la tour, dont elle obtient la concession le 7 mars 2007.
Auteur(s) du descriptif : Amghar Julien
Par : L'inventaire du patrimoine