Digue de poldérisation de l´anse du Bill dite Le G
L´anse du Bill est un lais de mer de 66 hectares séparé des eaux du golfe par une digue composée de deux tronçons constitués de murs de pierres soigneusement appareillés et maçonnés avec un comblement intérieur en remblai. La grande digue relie la pointe du Bill à l´îlot Bechic. Elle mesure 200 m pour une hauteur de 6 m au milieu du chenal et une épaisseur de 15 à 20 m. La petite digue rattache l´îlot Bechit à la presqu´île de la Villeneuve par un remblai de maçonnerie, d´une longueur de 20 m et d´une hauteur moyenne de 1,50 m.Aujourd´hui, la digue principale ne s´étend plus que sur 13 m avant de se transformer en un champ de cailloux sur 130 m. Les vestiges de la petite digue ne sont plus conservés que sur une dizaine de mètres. Le seul élément intact est le système de vannage à l´est de l´îlot Bechit. Il permettait d´évacuer l´excédent d´eau douce des terres basses et d´alimenter en eau salée les salines de Bilhorois situées au sud-est. La ferme de Bilherbon a été transformée en habitation et la ferme de la Villeneuve est abandonnée.Au 18e siècle, les économistes préconisent l´augmentation des surfaces de terres agricoles pour améliorer les finances du royaume de France. En 1770, M. Couillaud de la Pironnière tente de poldériser l´anse du Bill située au sud du bourg mais il se heurte à l´hostilité des habitants et abandonne. En 1830, le Nantais Edouard Lorois obtient la concession de l´anse et réalise son endiguement. Nommé préfet du département du Morbihan, il doit cependant vendre en 1833 et 1835 sa concession à MM. Septlivres et de Castellan.En 1901, la digue et les 66 hectares de la ferme de Bilherbon installée sur le polder sont achetés par le banquier Rohling. Tout est abandonné durant la Première Guerre mondiale et la digue n´est, dès lors, plus entretenue, ce qui entraîne de nombreuses plaintes de cultivateurs. En 1925, une tempête ouvre une brèche de 20 m dans la digue. 130 hectares de cultures sont noyés.En 1934, le tribunal de Vannes ordonne la saisie et la vente de la possession Rohling. Les nouveaux propriétaires réunis en un syndicat exécutent des réparations d´appoint. Ces réparations sont toutefois insuffisantes et, en mars 1937, une tempête détruit la digue. Le site est alors délaissé. L´action des marées finit par éparpiller les pierres de la digue.
Auteur(s) du descriptif : Amghar Julien
Par : L'inventaire du patrimoine