Guérite des douaniers de Barrarac´h (Séné)
Surplombant Port-Anna, à l´extrémité de la presqu´île, la guérite des douaniers de Barrarac´h profite d´un point de vue exceptionnel. Il est spécialement dévolu à la surveillance de la rivière de Vannes, avec ses ouvertures orientées sur l´entrée de la rivière. Sa base carrée et son toit en pavillon sont caractéristiques de postes de douanes que l´on peut retrouver ailleurs en France (comme au port de Doëlan, Finistère). La guérite de Barrarac´h pourrait avoir été construite selon un modèle délivré par l´Administration. Le mur sud-ouest dispose à l´étage d´une lucarne rampante (ou en chien couché) et une petite souche de cheminée émerge du pan nord-ouest du toit. Les murs sont en pierre, le toit en ardoise. Un blason est apposé sur le linteau de la porte. Le bâtiment, situé dans une parcelle ceinturée de ronces, est aujourd´hui difficilement visible.Les guérites de douaniers sont construites à l´époque où Séné produisait énormément de sel, avant l´effondrement des cours à la fin du 19e siècle. Or la contrebande s´organisait à partir du quartier le plus pauvre de Vannes, celui de Saint-Patern. Certains contrebandiers ont l´idée d´utiliser le bateau en passant par le golfe du Morbihan. Afin de faire cesser ces trafics illégaux, les douanes décident d´installer une multitude de points de guet. Au début du 19e siècle, pas moins de treize postes de douaniers contrôlent la circulation du sel. On en trouve par exemple un à surveiller la rivière de Noyalo, depuis le secteur de la Garenne, un à l´entrée de la rivière de Noyalo, côté golfe, un sur l´île de Boëde, et enfin un sur un point haut à l´entrée de la rivière de Vannes. La rivière de Noyalo est particulièrement contrôlée, car elle permet l´accès à la plupart des marais salants, situés à l´est de la commune de Séné.Située à l´entrée de la rivière de Vannes, la guérite, dénommée corps de garde de Barrarac´h sur le plan cadastral napoléonien, appartient en 1845 à un particulier, la famille vannetaise Gobbé de la Godinais, qui la met à la disposition du service des douanes au 19e siècle. Elle est par la suite devenue une maison, peut-être en 1930.
Auteur(s) du descriptif : Vincent Johan
Par : L'inventaire du patrimoine