Ancienne maison de tisserand drapier, le Bourg (Pl
Édifice orienté au nord, constitué d'un logis et d'une dépendance en appentis. La façade antérieure est composée d'une alternance de granite et de schiste, créant une polychromie, tandis que la façade postérieure, en moellon de granite, est moins soignée. Le logis est à trois niveaux d'élévation. La salle du rez-de-chaussée, entièrement dallée, est chauffée par une cheminée. Le mur sud est percé d'une fenêtre et d'une étagère murale, à l'origine associée à un évier. Celui-ci n'existe plus aujourd'hui, mais une pierre d'écoulement à l'extérieur témoigne de son emplacement. Une fenêtre au nord éclaire aussi la pièce. Une tourelle demi hors-oeuvre au sud, abrite un escalier en vis. Les premières marches, en pierres, ne sont pas d'origine ; les suivantes sont en bois. Un palier, situé entre le rez-de-chaussée et l'étage, abrite des latrines. L'ensemble se compose d'une assise en schiste percée d'un trou et de deux accoudoirs. Une fosse, à l'origine couverte de plaques de schiste et profonde d'environ deux mètres, est créée devant les latrines, mais les conduits ne communiquent pas entre eux. il s'agit très vraisemblablement d'une cache pouvant abriter en cas de nécessité des provisions, des objets précieux, voire des habitants.La chambre de l'étage carré est chauffée par une cheminée. Plusieurs niches et étagères sont aménagées dans les murs, dont une associée à un évier. Les poutres du plafond sont enduites d'une fine pellicule de terre couverte de chaux. La pièce est éclairée par une fenêtre au nord, et un jour sur le mur pignon, emplacement justifié par le point de vue qu'il offre sur la place de l'église. Le comble est pavé sur un axe allant du palier de l'escalier à la lucarne. Celle-ci est à appui et fronton courbe. Le décor est issu du répertoire de la Renaissance : coquille et amortissement à boules. Des marques professionnelles (peigne à carder et rebrousse ?) sont portées sur le linteau de la fenêtre du premier étage. La clé de la porte d'entrée est ornée de deux palmettes. L'appentis communique avec le rez-de-chaussée du logis et est accessible depuis l'extérieur par une porte chanfreinée. Un couloir pavé distribue deux petites pièces dont l'une était destinée à abriter des animaux, comme en témoigne les deux attaches en schistes aménagées dans le mur et servant à attacher les bêtes. Les murs sont enduits d'un torchis. Un fournil se trouve également sur la propriété.Édifice construit en 1637, dont témoigne la daté portée sur la fenêtre de la façade principale. Il semble qu'au 18e siècle, des modifications sont apportées à l'appentis (rupture dans la maçonnerie) et au logis (niveau du sol abaissé et création du dallage?). La matrice cadastrale de 1911 indique que Mathurin Lanoé, cultivateur, époux Bléher, est propriétaire de la demeure ; puis en 1945, c'est Jean-Baptiste Bléher, recteur à Monterrein. A partir de cette période jusqu'aux environs des années soixante, plusieurs locataires se partagent le logis ; l'un occupe le rez-de-chaussée et l'appentis, l'autre l'étage carré et le comble. C'est ce partage des espaces qui a sans doute permis la préservation des lieux. L'inventaire du patrimoine bâti de la commune de Pluherlin de 1979 indique que la toiture de la tour d'escalier est alors en partie remplacée par une lucarne. A l'extérieur le niveau était également plus haut. Depuis une quinzaine d'année l'ensemble est en cours de restauration.
Auteur(s) du descriptif : Ducouret Jean-Pierre ; Toscer Catherine
Par : L'inventaire du patrimoine