Plans des navires Saint-Pierre et Saint-Paul
Plans originaux de forme, de voilure et détails de structure des navires Saint-Pierre et Saint-Paul, construits par le chantier Gautier en 1898, pour servir de navire d'assistance et de navire hôpital sur les côtes d'Islande et de Terre-Neuve. Ces plans manuscrits sur papier font partie d'une collection de près de 500 plans archivés actuellement auprès de l'arrière-petit-fils de François Gautier : Alain Marie Gautier.De ces deux bâtiments conçus et construits par les chantiers Gautier à Saint-Malo, l'un a fait naufrage par deux fois sur les côtes d'Islande.Armé en 1897 par la Société des Oeuvres de mer, le Saint-Paul s'est échoué sur la côte de Reykjavik dés sa première saison, le 2 mai 1897 puis de nouveau en 1899, le 4 avril sur la plage de Koteyar, sur la côte Sud, vaincu par une tempête de trois jours. Définitivement perdu, il est vendu aux enchères quelques jours après le naufrage. Enchères qui firent date dans la région car on avait rarement vu navire aussi richement doté en mobilier (candélabres en argent, lustres, appliques, armoire à pharmacie), mais aussi en nourriture et boissons ; 900 litres de vin, 40 de rhum ou encore 251 litres de ce que les Islandais appelaient " koníak ".Candélabres, lustre, appliques murales, jusqu'à une petite statuette de la Vierge, la chapelle de Langholt représente à elle seule un véritable sanctuaire du Saint-Paul. Et ce n'est sans doute pas un hasard : "les gens ici se sont rendus compte du naufrage au moment de la messe, la messe de Pâques. le Saint-Paul était échoué sur le sable, non loin de la côte" (témoignage enregistré de Vilhjálmur Eyjolfsson, résidant à Hnausar, dont les parents ont accueilli dans leur grange les naufragés). Juste retour des choses, quand on sait que la totalité de l'équipage (20 hommes) fut sauvée.Aujourd'hui les lumières du Saint-Paul éclairent encore, le temps d'une messe, la petite église de Langholt à Médalland (Islande). Cependant, un deuxième navire du même nom fut réarmé en 1903. Le Saint-Pierre II identique au Saint-Pierre I et au Saint-Paul a effectué deux campagnes en Islande avant d'être vendu à un armateur en 1905. Ces trois navires ont été construits au chantier Buron de Saint-Malo, dont le contremaître et architecte n'était autre que François Gautier, avant que celui-ci ne reprenne le chantier à son propre nom.Dessinés par l'architecte Gautier, il mesurait 37 mètres et pouvait utiliser une surface de voilure de 612, 4 mètres carrés. L'armoire du Saint-Paul à Mörtunga (Islande) :C'est dans un "pavillon de chasse" que l'armoire du Saint Paul trône actuellement, dans la grange de M. Olafur Oddsson. Utilisée par le médecin de bord comme meuble à pharmacie, M. Oddsson nous assure qu'"il y a peu encore, on pouvait sentir l'odeur des produits pharmaceutiques", nous invitant à mettre le nez à l'intérieur. Faute de sentir quoique ce soit, l'armoire renferme aujourd'hui des vêtements de chasse ; autres usages, autres odeurs.Le banc du pont du Saint-Paul, acheté aux enchères en avril 1899 se trouve toujours actuellement dans la cuisine d'Oof Ragna Olafsdottir, arrière-arrière-petite-fille de l'acquéreur.Les mâts du navire le Saint-Paul, quant à eux, ont servi à construire avec d'autres bois d'épave une des maisons traditionnelles de l'écomusée de Skogar dans la région de Skaftafell. Ils ont été particulièrement utilisés pour réaliser des panneaux de bois, après avoir été débités en planches.Le commandant du Saint-Paul était le cdt.Théophile Lacroix, dont le rapport fut publié dans le bulletin des Oeuvres de mer en janvier 1900. L'équipage après avoir été recueilli et réconforté put rejoindre le port de Reykjavik avec cent chevaux et dix guides au cours d'un voyage qui dura huit jours sous la neige.
Auteur(s) du descriptif : Prigent Guy
Par : L'inventaire du patrimoine