Hôtel dit hôtel Saint-Georges, 11, 11 bis rue des
Etabli sur une parcelle d'angle de plan rectangulaire, l'hôtel d'une architecture très sobre adopte un plan classique pour la période : deux corps reliés à l'est encadrant le corps d'escalier, la cour au sud dallée est bordée de deux ailes de profondeur différente. L'aile est qui contient un escalier secondaire dit de dégagement à rampe en fer forgé se prolonge par un pavillon qui comprenait au rez-de-chaussée la cuisine dont la cheminée en granit a été conservée. A partir de cette cuisine, on accédait à une venelle qui débouchait rue de la Monnaie. L'escalier de cette aile ne dessert que le premier étage. L'aile ouest très étroite est une aile de service. La façade nord est en pierre de taille de granit au rez-de-chaussée et de calcaire aux étages tandis que la façade ouest est en moellon de granite désenduit. Les façades sur cour sont enduites sur moellons sauf l'aile nord sans doute en brique. Les ouvertures sont en granite au rez-de-chaussée et en calcaire aux étages. Les fenêtres façade nord ont conservé leurs balcons au 1er étage et leurs gardes corps au second en fer forgé. Il se compose d'un rez-de-chaussée en granit et de deux étages en pierre blanche. Toutes les baies sont en arc segmentaire à l'exception de celles du rez-de-chaussée et du premier étage façade nord. Lucarnes à frontons triangulaires dans le comble. L'escalier est dans une cage ouverte et est à retour avec jour à une seule volée par niveau. Le départ de la rampe à balustres est sculpté d'acanthes et de volutes. Dans ce corps d'escalier, un escalier droit en pierre conduit au sous-sol. L'hôtel a conservé une partie de ses boiseries.D'après le rentier de 1455-1458, seule la cour actuelle de l'hôtel est construite et bordée en façade sud par une ruelle qui prend son départ rue de la Monnaie et qui desservait sans doute la cour postérieure. Les archives de la réformation en 1677 signalent à cet emplacement 2 maisons qui appartiennent à Pierre Deremon, sieur de la Garenne et à Pierre Le Gouvello, seigneur de Kerantré. Il est probable que l'hôtel est construit entre cette date et 1757, peut-être à la fin du 17e siècle d'après l'escalier.D'après les archives, l'hôtel appartient en 1757, date d'un litige, à Jean Guitern du Defaye, médecin ordinaire du Roi qui l'acquiert avec sa fille mineure auprès de Jean-Baptiste Alexis Joseph en 1749. La descente d'experts pour régler le litige entre Jean Guitern du Defaye et le sieur le Boulh nous apprend que le premier est en train de rétablir sa maison. Il conserve cependant le corps d'escalier. Celle-ci est revendue en 1762 par le mari de la fille de ce dernier, Pierre Grimon, docteur en médecine, à Pierre Jean-Baptiste Louis Charpentier, seigneur de Lanvaux qui en est encore propriétaire à la Révolution. Les ouvertures du rez-de-chaussée et du premier étage de la façade nord ont été modifiées à la fin du 18e siècle dans l'esprit néo-classique sans doute par ce propriétaire. L'édifice est réquisitionné pour le comité de surveillance et les officiers de l'Etat-Major. En 1802, l'évêque concordataire Monseigneur de Pancemont y demeure quelques temps lors de son arrivée à Vannes. L'hôtel porte le nom de la famille propriétaire de l'édifice dans le milieu du 19e siècle, les Harscouët de Saint-Georges du château de Kéronic en Pluvigner. En 1846, monsieur Jacquet fait pour cette famille une demande d'alignement pour la construction dans la cour d'une remise.Les anciennes écuries en façade nord ont été transformées en boutique. Les archives cadastrales signalent au 19e siècle la présence de Ed. Ferrary (pâtissier-confiseur-glacier) (maison médaillée) qui aménage un potager pour la cuisson au 2ème étage de l'hôtel.
Auteur(s) du descriptif : Lainé Claire ; Toscer Catherine ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine