Hôtel, 11, 13 rue Saint-Guénael (Vannes)
Hôtel en alignement de rue édifié sur une parcelle large avec cour postérieure comprenant des dépendances transformées. Hôtel à pan de bois en encorbellement de plan en L construit sur un soubassement maçonné en pierre de taille de granite avec piliers. Le corps postérieur d'un étage carré est en moellon enduit avec entourage des ouvertures en pierre de taille de granite. le corps sur rue comprend 2 étages carrés avec sous-sol et étage de comble. L'encorbellement est sans entretoise, composé de 2 niveaux de bois avec solives en saillie : sablière de chambrée et sablière de plancher. Assemblage à mi-bois en trait de Jupiter pour la sablière de plancher. Le chanfrein taillé sur les jambages de pierre des ouvertures du soubassement se retourne sur le linteau de bois, avec un large à-plat qui constitue avec les consoles du deuxième étage le seul décor. La charpente est caractérisée par des croix de Saint-André aux extrémités sur toute la hauteur de l'étage et les étages sont distribués par deux escaliers postérieurs. Murs latéraux droits sans encorbellement.L'emplacement est signalé et occupé dans le rentier ducal de 1455-1458 par la maison de Jehan Bourdin, fils de Eon Bourdin qui l'a construite sur une place "froste". Le rentier mentionne aussi qu'à l'emplacement de cette parcelle était autrefois le four ducal (alors four de la ville) et qu'un jardin (courtil) et un puits en dépendaient, situés dans de la rue dite du Four à cette époque.Le corps sur rue de l'hôtel est construit dans la première moitié du 15e siècle d'après ses caractéristiques architecturales : piliers en pierre de taille de granite de toutela hauteur du rez-de-chaussée, charpente de façade utilisée, mise en œuvre de l’encorbellement ; un corps postérieur que l'on peut dater par le décor de sa cheminée est ajouté à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle. La maison dite "maison de Kerglas" est mentionnée dans les archives de la réformation du domaine en 1677 comme appartenant à Jeanne Gainche qui l'habite. Les archives indiquent en 1738 la vente d'une portion de l'hôtel par Julien Gibon, sieur du Pargo à Guillaume Kermasson, avocat au Parlement ; ce qui semble expliquer la division de la parcelle et la création d'un second escalier complétant celui d'origine.De plus, le corps postérieur de la maison est élargi vers l'est vraisemblablement dans la seconde moitié 16e siècle. Ce qui permettrait d'expliquer la situation dans l'angle de l'escalier d'origine et de ses ouvertures qui ne l'étaient pas au départ. Ce corps est complété par la suite par une autre dépendance à l'ouest. Celle du jardin a été prolongée jusqu'au corps de logis sur rue. Les ouvertures de la façade postérieure montrent des traces d'agrandissement.Le jardin postérieur mentionné dans les archives comme dépendance de l'hôtel donnait sur la rue des Vierges. Il a été construit au 19e siècle.
Auteur(s) du descriptif : Lainé Claire ; Toscer Catherine ; Mauvais Marion ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine