Manoir de Camsquel ou Kermesquel
Le manoir de plan allongé à un étage carré se composait à l'origine de deux pièces en rez-de-chaussée chauffées (cheminées sur les pignons nord) ; sur le refend médian s'articulait la tour d'escalier. L'accès à la salle se fait par une porte en arc brisé surmontée d'une niche à appui mouluré qui abritait le blason de la famille. L'étage de la partie nord ne permet pas de restituer les espaces d'origine : la seule cheminée conservée pour une seule chambre, n'exclue pas la possibilité d'une seconde chambre. La partie sud ne parait pas avoir eu d'étage.Le manoir de Camsquel, ou Kermesquel, est un des plus anciens du territoire vannetais, car dans la réformation de 1513, il est déclaré "exempt [de fouage] de tous temps". En 1426, il appartient à la famille de Camsquel qui le possède jusqu'à son extinction à la fin du 16e siècle. C'est elle qui fait construire le bâtiment dont certains éléments tels la porte d'entrée et les cheminées du rez-de-chaussée remontent au milieu du 15e siècle. Le plan cadastral de 1844 montre un bâtiment allongé avec, en façade postérieure, une tour d'escalier en demi-hors-oeuvre disparue, mais dont subsistent les traces d'arrachement. D'importants remaniements interviennent au cours du 18e siècle sans doute lors de l'achat de la terre de Camsquel par François-Anne de la Bourdonnaye : surélévation des murs, modification des ouvertures, agrandissement vers le sud ; peut-être le manoir était-il alors déclassé en ferme car ces travaux semblent plus destinés à des aménagements pour le fermier d'une exploitation agricole qu'à l'amélioration de l'habitat d'une famille noble. Le mur nord de la partie sud est entièrement repris au 19e siècle. Les fenêtres à traverse du rez-de-chaussée, du 15e siècle, sont modifiées en porte-fenêtre après 1975, faisant disparaître les coussièges observés par Thomas-Lacroix en 1975.La dépendance en alignement au nord est construite au 19e siècle.Au nord du manoir se situait le moulin, en ruines après la guerre. Les éléments sculptés qui l'ornaient peuvent le faire remonter au 16e siècle. Il n'en subsiste rien.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine
Par : L'inventaire du patrimoine