Port : Havre de Pordic, appelé le 'Petite-Havre'
La digue ou brise mer du Petit-Havre (encore appelé 'Port de l'Armor' en 1881) a une longueur de 58 mètres, pour une hauteur variable de 1, 50 mètres à 2 mètres à l'intérieur et de 6 mètres en revers, à l'extérieur (avec un fruit de 10%), et une largeur de 5 mètres. Les gros blocs à peine équarris, ont la forme d'un parallélépipède. Ils sont posés à champ sans mortier, mais ont un solide ancrage au sol (ensablement) et au niveau du sillon naturel des 'Roches Blanches' (27 m de long), à l'Est, sous la falaise. La digue se prolonge par un crochet terminal (ancien musoir). Un deuxième enrochement naturel, situé à l'Ouest de l'anse, appelé autrefois 'l'Ancrogène', long d'une soixantaine de mètres, forme une sorte de brise mer. Par une marée de 87 cm 1/2, il y a 4 mètres d'eau au pied et à l'intérieur de la digue. Le havre est accessible à partir de la mi-marée en morte eau. Cependant, la digue submersible est immergée à marée haute. Autrefois, le 'quai' du petit Havre était équipé d'organeaux. Les bateaux étaient ramenés à terre, 'saillés' pour l'hivernage et remisés dans des cabanons, situés le long du chemin qui conduit au Petit Havre.Selon le rapport de l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées, Hélary, rédigé en 1931, il existait au port de l'Hermot ou Havre de Pordic (Petit-Havre), avant 1864, un petit môle en enrochements, de 1 mètre environ de hauteur, à l'abri duquel venaient s'échouer 4 canots, jaugeant ensemble 10 tonneaux. Cet enrochement nous semble avoir été réalisé à l'origine, pour servir de pêcherie et ensuite de digue abri. En effet, le plan daté de 1897 et la vue n° 9, montrent une ancienne ouverture dans les enrochements, ayant pu servir de pertuis.En 1863-64, un projet de port-refuge fut réalisée selon les plans de l'ingénieur De La Tribonnière, avec la construction d'une jetée-abri, prolongée par un musoir. Cette digue subit régulièrement des avaries à cause de son exposition aux vents de Nord à Nord-Est. Elle fut en partie détruite vers 1880 : musoir affaissé et brise mer rompu sur 19 mètres. Un nouveau projet réclama l'exhaussement du môle en 1897 à la cote de 7, 50 mètres pour une hauteur de 2 mètres, avec des blocs de 1000 kg. A cette époque, 6 canots fréquentaient le petit port. Ce projet fut ajourné jusqu'en 1912. La digue fut enfin réparée en 1922, mais sans travaux d'exhaussement supplémentaire. Les cartes postales anciennes datées du 1er quart du 20ème siècle montrent le Petit-Havre fréquenté par moins d'un dizaine de bateaux de pêche, avec parfois un amarrage sur des pieux en bois. Aujourd'hui, le Petit-Havre n'est plus fréquenté par des bateaux, en raison de la concurrence des ports de Binic et de Saint-Quay-Portrieux. La qualité submersible de la digue, son manque d'aménagement et son ensablement continu, ont participé à la déshérence de ce havre portuaire, fréquenté uniquement aujourd'hui par les pêcheurs à pied et les baigneurs.
Auteur(s) du descriptif : Prigent Guy
Par : L'inventaire du patrimoine