Collecteur d'huîtres : fascine
Fascine constituée d'un fagot en bois de châtaignier noué avec un bout lesté avec une pierre, servant de collecteur en baie de Saint-Brieuc, pour recevoir le naissain d´huîtres sauvages et servir ensuite de nurserie pour ce naissain, qui pourra ensuite être dragué et semé dans d´autres espaces maritimes.Les débuts de l'aquaculture extensive de développement en baie de Saint-BrieucLa reproduction d'une gravure de la fin du 19e siècle, publiée dans l'ouvrage du Ministre de la Marine et des Pêches du Second Empire, M° Coste, sur le développement des huîtrières de la baie de Saint-Brieuc (Rapport du 12 janvier 1859 sur les huîtrières artificielles créées dans la baie de Saint-Brieuc), représente l'unique témoignage des débuts de l'aquaculture de pleine eau, dite extensive et qualifiée d'aquaculture de développement" en Côtes d'Armor. Cette forme d'aquaculture ou aquiculture servira de référence cent ans plus tard aux premiers essais de cantonnement de la coquille Saint-Jacques en baie, puis d'élevage du naissain à des fins de réensemencement du milieu et de reproduction pour la pêche. Ce dessin représente une fascine lestée au fond de la mer avec son rameau et le naissain d'huîtres capté. La fascine, sorte de fagot de bois de châtaignier, a été utilisée pour la première fois en baie de Saint-Brieuc, sous les indications de Coste, pour ensemencer la baie de Saint-Brieuc, pillée par la sur-pêche en bateau (1853). Les fascines servaient de collecteurs, immergés dans l'eau et lestés avec un galet. Le naissain collecté en baie de Saint-Brieuc devaient servir à repeupler les huîtrières de la baie de Cancale. Cependant, 10 ans plus tard, les dix zones ensemencées par Coste de 1857 à 1858 en baie de Saint-Brieuc n'existent plus. Les collecteurs trop fragiles se sont ensablées. Le Chevalier De Cuverville, dans son état des lieux de 1866, présentera sous la forme d´un mémoire des recommandations pour protéger les huîtrières : interdiction absolue de la pêche des huîtres, nettoiement et ensemencement des huîtrières naturelles, repos des fonds reproducteurs de lamer commune, conservation des cantonnements.Cette démarche innovante, à la fois technique et pédagogique inaugure les premiers projets d´aquaculture extensive, de développement et d´aménagement à la fin du 19e siècle et du second millénaire. Le réensemencement de la baie de Saint-Brieuc en coquilles Saint-Jacques dans le dernier quart du 20e siècle s´inscrit dans cette démarche cohérente de gestion des « pêcheries », avec les notions de « nurserie », de « réserve de pêche », de « cantonnement », et les nouveaux vocables de « développement durable » et de « biodiversité des écosystèmes. Une fois encore, l´histoire nous montre l´exemple d´une pédagogie du développement.En 1960, à l´emplacement des anciennes pêcheries, des concessions furent accordées à des mytiliculteurs charentais pour la culture de moules de bouchot. Bien implantée, la culture représente aujourd´hui 800 hectares et 10% de la production régionale.
Auteur(s) du descriptif : Prigent Guy
Par : L'inventaire du patrimoine